The Aluminum Group – Happyness (2002)



Pour commencer, on jettera d’abord un œil aux notes de pochette pour se rendre compte que John Mc Entire (Tortoise, The Sea and Cake...) a participé à l’enregistrement de l’album. Et même si le groupe se situe dans ce que l’on appelait à l’époque "la scène post-rock de Chicago", sa musique n’en est pas pour autant post-rock mais bien pop, et même une pop des plus raffinée. 
Portés par une voix délicate et des choeurs soignés, les dix morceaux que composent ce "Happyness" ses dégustent avec délectation. Avec cette science des arrangements parfaits mariant le classicisme de la pop tendance années 80 ("Two lights") et de l’electronica fine, The Aluminium Group offre ici une certaine représentation du romantisme mis en musique. Sur le très bien nommé pop, on pense à Bacharach ou à John Barry. Et quand les "blips" se font plus présents ce n’est pas pour assommer les autres instruments mais pour apporter une touche d’élégance supplémentaire, un brin de modernité dans un disque qui n’en manque pourtant pas.
Même si les autres albums du groupe, parus entre 1995 et 2008 sont loin d’être mauvais, ils n’atteignent toutefois pas la classe et la perfection de ce "Happyness".
A conseiller aux amateurs de pop délicate et sophistiquée.

[8.5/10]

Deezer / Spotify

Yo La Tengo - Summer sun (2003)



Il y a une époque où j’écoutais plus la musique de Yo La Tengo qu’aujourd’hui. Une époque où le rock était plus indé que jamais…. 
Au même titre que Bill Callahan, Will Oldham ou Low, le groupe d’Hoboken est devenu au fil des années un petit dinosaure dans son genre. "Summer Sun" paru en 2003 est un disque apaisé, presque calme dans lequel les sons des guitares distordues semblent être passé à la trappe. Avec cet album, on est plus finalement proche de Lambchop que de Sonic Youth.
Chansons pop évanescentes, balades folk, voix éthérées forment l’ossature de ce album aux contours ronds et aux angles doux. Album de mi-saison, "Summer sun" évolue dans des teintes claires-obscures, douces et très agréables, avec par moment des sonorités pop, hawaïenne qui évoquent presque les High Llamas.
Faisant la part belle aux orchestrations discrètes et aux arrangements délicats, "Summer Sun" est un des albums les plus tranquilles de toute la discographie de Yo La Tengo... et sans doute l'un des meilleurs aussi.

 [8.5/10]

Deezer / Spotify

3 Colours Red - Pure (1997)



1997, le gros son a la cote, les formations indie-rock qui lorgnent vers le heavy metal son légion : Foo Figters,  Green Day, Smashing Pumkings, Therapy? comptent parmi les groupes les plus en vue à cette époque.
Pas forcément les plus connus ni les plus glamour du moment, les 3 Colours Red, découverts par  Alan McGee, publient leur premier album sur Creation… un album qui sera aussi la dernière signature d’Alan McGee sur son fameux label.
Si, aujourd’hui, tout le monde ou presque a oublié 3 Colours Red, la réécoute de cette album permet de se rendre compte de la puissance brute que pouvait dégager "Pure", avec un paquet de chansons assez élémentaires mais d’une efficacité redoutable.
Une recette connue (un son énorme, des riffs de guitares imparables, une section rythmique très affutée, des chœurs et des refrains fédérateurs…) pour réaliser un carton... Sauf que les 3 Colours Red ne connaîtront jamais vraiment le succès des groupes cités plus haut). Mauvais management ? Manque de talent ou d’originalité ? Style un peu trop prévisible ? Quoi qu’il en soit, le groupe tentera bien de rebondir plusieurs fois mais sans succès. Pourtant, force est de constater que leur musique toujours aussi sauvage et généreuse constitue encore aujourd’hui une moment de plaisir simple mais total. 

[7.5/10]

Deezer / Spotify

The White Birch - Star Is Just A Sun (2002)



The White Birch, groupe conduit par Ola Fløttum (que l’on retrouve aussi avec le projet Portrait of David) sortait en 2002 "Star Is Just A Sun", un second album pour ce trio norvégien qui rappelle par moment les chansons de Perry Blake, Codeine ou de Bark Psychosis.
La musique du groupe se caractérise par un style épuré, froid et minimal et qui semble marqué du début à la fin par une forme de tristesse et de solitude.
De la voix au piano, en passant par ces grondements de basse, rien ne laisse envisager le moindre espoir, le moindre rayon de soleil à l’horizon. Pourtant il n’y a rien de vraiment déprimant à l’écoute de cet album baigné de douce mélancolie. Arrangements sobres, notes sombres et profondes, "Star Is Just A Sun" est resté intact de beauté avec ses 10 plages de glace sur lesquelles on peut encore s’aventurer sans avoir peur de glisser.

Aujourd’hui, le projet semble au point mort. Sur le facebook du groupe, on remarquera juste la parution l’an dernier du titre “Lamentation” extrait du film "Oslo, 31 août", paru en 2012.

[8.5/10]

Deezer / Spotify
 

Nada Surf - Let Go (2002)


11 an après sa sortie, la formidable machine à tube créée par Nada Surf n'a pas pris une ride. Un régal !
Après un premier album ("high/low") assez moyen qui surfait franchement sur la vague post-Nirvana avec son fameux tube "Popular", les américains de Nada Surf sont passés aux choses sérieuses avec leur second album "The proximity effect", en 1998 avant de toucher à la perfection avec Let go" paru en 2002.
Guitares acoustiques ou électriques, synthés discrets, grosse section rythmique… les ingrédients sont classiques, mais la recette est vraiment excellente. Et les treize chansons qui constituent cet album sont toutes aussi belles efficaces les unes que les autres. De "Blonde on Blonde", la superbe balade et tube avéré, à "Blizzard 77",  chanson pop comme même ces vieux farceurs de Supergrass n’en ont jamais écrites, en passant par "The way you wear your head" (à en sauter sur son lit en jouant de la air guitar) ou "High speed" Soul" et son riff de guitare digne des Kinks… il n’y a vraiment rien à jeter dans cet album !

[9/10]

Deezer / Spotify

Alpha – Come From Heaven (1997)



 "Come From Heaven" a été album du mois dans Magic à l'époque.
Sorti sur le label Melankolic (créé par des membres de Massive Attack), "Come From Heaven" est le premier album d'un duo basé à Bristol, ville d'où émerge chaque jour ou presque de nouveaux groupes.
Bristol est alors la capitale du trip-hop et Alpha a pour ainsi dire toutes les caractéristiques du pur groupe Trip-hop/Lounge de l’époque : C’est un duo (comme Air, Kruder & Dorfmesiter…), ils sont fans de Lee Hazlewood, Jimmy Webb, Burt Bacharach, Jacques Brel ou Scott Walker, et ils samplent de vieilles références de la musique de film (Michel Legrand, Francis Lai, Burt Bacharach notamment), leur beats ne dépassent pas le 100 BPM et ils s’entourent de chanteurs en parfaite harmonie avec leurs musiques chill-out.
Le morceau le plus représentatif de l’album reste, selon moi, "Sometime Later". Un titre magnifique, emblématique de l’époque et de la qualité de ce disque langoureux à souhait et que le duo n’arrivera jamais à dépasser. Car si, par la suite, les albums d’Alpha n’auront rien de déshonorant, on n’y retrouvera jamais le coté suave de ce "Come Frome Heaven". 

[9/10]

Deezer / Spotify

Kojak – Crime In The City (1999)



1999, la French touch bat son plein. Ça sample à tout va et qui plus est si ça sonne soul, funk, blaxopitaiton. Kojak est de ceux-là. Leur style, entre trip hop, et house est un parfait exemple de cette génération de groupes qui sortiront un album ou deux puis disparaitront dans les oubliettes de la French Touch.
A la réécoute de "Crime In The City", on se rend compte que ça fonctionne encore pas mal sur les titres downtempo et que les boucles étaient plutôt bien choisies par un qui groupe avait du goût. En revanche, le son du beat sur les titres house a pris un petit coup de vieux et sonne peu cheap… comme d’ailleurs spas mal de productions house de l’époque.

[7/10] 

deezer